dimanche 13 mars 2011

Relation entre la densité du réseau routier et la densité de population des pays du monde

Le graphique 1 montre le nuage de points obtenu en portant en abscisses la densité de population des différents pays du monde et en ordonnées la densité de leur réseau routier.

La droite de régression (log-log) de la densité du réseau routier par rapport à la densité de population est montrée.

Nous avons observé que les pays développés et la plupart des pays émergents sont situés au-dessus de droite de régression ou sur la droite, tandis que la plupart des pays sous développés sont situés au-dessous de cette droite. On observe que certains pays sous-développés sont situés au-dessus de la droite de régression ou sur la droite. On observe aussi que quelques pays émergents sont situés sous la droite de régression.

Les points du Graphique 2 sont identiques à ceux du Graphique 1. Nous y avons identifié quelques pays. On peut en effet voir la position d'Haïti sur ce graphique par rapport à ses voisins: Cuba, la République Dominicaine, la Jamaïque. Nous y avons identifié quelques autres pays: les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Suisse.



Graphique 1: conçu et construit par Dr. Pierre Montès, mars 2011




Graphique 2: conçu et construit par Dr. Pierre Montès, mars 2011


Pays situés au-dessus de la droite de régression ou sur la droite de régression par ordre de superficies décroissantes:

Russie, Canada, États-Unis, Brésil, Australie, Inde, Argentine, Danemark, Arabie saoudite, Libye, Mongolie, Afrique du Sud, Éthiopie, Bolivie, Namibie, Turquie, Chili, Zambie, France, Botswana, Espagne, Suède, Zimbabwe, Norvège, Japon, Allemagne, Finlande, Malaisie, Pologne, Italie, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Guinée-Conakry, Roumanie, Laos, Guyana, Oman, Biélorussie, Syrie, Uruguay, Surinam, Grèce, Bulgarie, Cuba, Islande, Hongrie, Portugal, Azerbaïdjan, République tchèque, Serbie, Irlande, Georgie, Sri Lanka, Lituanie, Lettonie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Costa-Rica, Slovaquie, Bhoutan, Estonie, Pays-Bas, Suisse, Belgique, Albanie, Guinée équatoriale, Macédonie, Djibouti, Belize, Slovénie, Timor oriental, Bahamas, Monténégro, Vanuatu, Jamaïque, Chypre, Porto-Rico, Brunei, Trinidad-et-Tobago, Samoa, Luxembourg, Kiribati, Dominique, Tonga, Bahrein, Sainte Lucie, Andorre, Seychelles, Antigua-et-Barbuda, Barbade, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Grenade, Saint-Marin, Monaco,...


Pays situés au-dessous de la droite de régression par ordre de superficies décroissantes:

Chine, Kazakhstan, Soudan, Algérie, République Démocratique du Congo (Kinchasa), Mexique, Indonésie, Iran, Pérou, Tchad, Niger, Angola, Mali, Colombie, Mauritanie, Egypte, Tanzanie, Nigeria, Vénézuela, Pakistan, Mozambique, Maroc, Birmanie, Afghanistan, Somalie, République centrafricaine, Ukraine, Madagascar, Kenya, Yémen, Thaïlande, Turkménistan, Cameroun, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Ouzbékistan, Irak, Paraguay, République du Congo (Brazzaville), Viet-Nam, Côte-d'Ivoire, Philippines, Équateur, Burkina Faso, Gabon, Ghana, Ouganda, Kirghizistan, Sénégal, Cambodge, Tunisie, Bangladesh, Tadjikistan, Népal, Nicaragua, Érythrée, Corée du Nord, Malawi, Bénin, Honduras, Libéria, Guatémala, Corée du Sud, Jordanie, Émirats arabes unis, Panama, Sierra Leone, Togo, République dominicaine, Taïwan, Guinée-Bissau, Moldavie, Lesotho, Arménie, Iles Salomon, Burundi, Haïti, Rwanda, Salvador, Israël, Fidji, Koweit, Swaziland, Qatar, Gambie, Liban, Cap-Vert, Comores, Maurice, Sao-Tomé-et-Principe, Micronésie, Singapour, Iles Marshall, Tuvalu,...

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Référence:

Longueur du réseau routier par pays: cosmovisions.com.

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Autre article à lire:

Réseau routier de quelques pays de la Caraïbe: jfjpm-genie-civil.blogspot.com.

samedi 12 mars 2011

Earthquakes/Séismes/Tremblements de terre: sept (7) vidéos du National Geographic

La revue National Geographic explique dans ces vidéos le phénomène du tremblement de terre en termes simples, à la portée de tous.

Voici le lien unique qui conduit vers ces vidéos: Earthquakes.

vendredi 11 mars 2011

Le réseau routier de quelques pays de la Caraïbe observé à l'aide de Google Map

On définit la densité du réseau routier d'un pays par le rapport entre la longueur du réseau routier en kilomètres (*) et la superficie du pays en kilomètres carrés.

Quelques exemples

  1. Haïti - Longueur réseau routier: 4 160 km (1999); superficie: 27 750 km carrés; densité réseau routier: 0,15 km/ km carré.


  2. Jamaïque - Longueur réseau: 20 996 km (2004); superficie: 10 991 km carrés; densité réseau routier: 1,91 km/ km carré.


  3. Cuba - Longueur réseau: 60 858 km (1999); superficie: 110 860 km carrés; densité réseau routier: 0,55 km/ km carré.


  4. République Dominicaine - Longueur réseau: 12 600 km (1999); superficie: 48 730 km carrés; densité réseau routier: 0,26 km/ km carré.


  5. Puerto-Rico - Longueur réseau: 25 735 km (2005); superficie: 8 900 km carrés; densité réseau routier: 2,89 km/ km carré.


Cas de la Suisse - Longueur réseau: 71 297 km (2004); superficie: 41 290 km carrés; densité réseau routier: 1,73 km/ km carré. Ce pays d'Europe est mentionné ici et un lien vers sa carte géographique est fourni pour fins de comparaison: c'est un pays montagneux comme Haïti et sa superficie est comprise entre celle d'Haïti et celle de la République dominicaine.



Cas de l'ensemble des réseaux routiers du monde - Longueur totale des réseaux: 32 345 165 km (2002); superficie totale (environ): 134 769 063 km carrés; densité moyenne du réseau routier mondial: 0,24 km/ km carré.



Quelques remarques



On a constaté que la densité du réseau routier de la Jamaïque est l'une des plus élevées de la Caraïbe. Celle d'Haïti est la plus petite dans la Caraïbe.



La longueur du réseau routier d'un pays permet de se faire une idée de l'ampleur des dépenses que ce pays devrait consacrer à l'entretien de son réseau.



Cuba est fière d'avoir le plus long réseau routier dans la région.



Le réseau routier d'Haïti est peu entretenu et nécessite la construction d'un nombre important de ponts qui viendraient remplacer les nombreux passages à gué. Le réseau routier d'Haïti est petit comparé à celui de ses voisins immédiats. Il me semble a priori qu'un gouvernement qui prendrait l'engagement d'entretenir en permanence ce petit réseau routier, de construire des ponts aux endroits où le réseau traverse les cours d'eau et dépressions, d'extensionner ce petit réseau pour désenclaver le pays en dehors, pourrait atteindre ces objectifs à l'intérieur de son mandat de cinq ans. Il me semble qu'un réseau routier haïtien bien entretenu et bien connecté en tout temps aurait des retombées bénéfiques directes sur l'économie et le développement du pays. Un tel réseau permettrait, par exemple, au professeur Jean-Claude Fignolé (**), maire de la commune des Abricots (Grand'Anse), de se rendre en auto (ou par transport en commun) à Port-au-Prince pour aller faire son cours d'Économie politique au Cours Privé Roger Anglade (CPRA) et de retourner chez lui dans la même journée. Un tel réseau permettrait de désenclaver le pays en dehors: les agriculteurs pourraient alors écouler leurs produits plus facilement sur le marché; les touristes (haïtiens et étrangers) pourraient découvrir plus facilement les beautés du terroir; les habitants des régions éloignées pourraient avoir un meilleur accès aux services que l'État doit leur fournir; etc.




Carte géographique de quelques pays de la Caraïbe (selon Google Map)



Pour se faire une idée des réseaux routiers des pays ci-dessus mentionnés et d'un certain nombre d'autres pays de la Caraïbe, je fournis ci-après quelques liens vers Google Map. Comme mentionné ci-dessus, j'y ai ajouté le lien vers un pays d'Europe, la Suisse, pour fins de comparaison.
























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Autres références:




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(*) La longueur du réseau ne prend pas en compte les longueurs des boulevards, des avenues et des rues des villes d'un pays; la longueur du réseau, c'est la longueur des routes qui relient les différentes villes et agglomérations urbaines du pays sans y ajouter les longueurs des voies urbaines qui sont à l'intérieur des villes et agglomérations.



(**) Cet exemple est donné ici à titre illustratif seulement; il est vraisemblable, et peut n'être que fictif aujourd'hui dans le cas du professeur Fignolé: il fut réellement professeur d'Économie politique au CPRA dans les années 70, il fut maire des Abricots des années plus tard; je ne sais pas s'il est encore maire de cette commune.

mercredi 23 février 2011

Le pont sur la rivière Momance (Léogâne (Haïti), 1977), fondé sur pieux, a bien résisté au séisme du 12 janvier 2010






A) Avant 1977: Le vieux pont sur la rivière Momance


Photo 1.- Haïti: Vieux pont de Momance.
Sur la photo: quelques étudiants FDS dont Lionel Duvalsaint et sa Volkswagen.
Photo: Pierre Montès, dimanche 29 avril 1973.







B) Janvier - Septembre 1977: Construction du nouveau pont sur la rivière Momance

Le pont sur la rivière Momance est le pont le plus long des vingt-deux ponts de la route nationale no. 2 reliant Port-au-Prince à la ville des Cayes. En effet sa longueur est de 75 mètres, répartie en trois travées de 25 mètres.

Chaque travée comprend trois poutres principales de 1,5 mètre de hauteur environ sur lesquelles repose le tablier.

Les deux culées en rivière et les deux culées aux rives reposent sur des semelles coiffant des pieux métalliques verticaux ou inclinés battus jusqu'au refus.

Dans les poutres principales, la taille des barres d'armature tendues en acier réparties sur deux nappes dans chacune des poutres principales est de 1 pouce trois quarts (44,5 mm de diamètre).

Les poutres principales ne reposent pas directement sur les culées et les piles: des plaques de néoprène fretté sont placées sur la tête des culées et des piles pour servir d'assise aux extrémités des poutres principales.

Les culées sont munies d'un mur garde-grève. Un dalle d'approche placée à environ un mètre sous le niveau de la chaussée d'approche prend appui sur le sol sous-jacent et s'attache à la culée par un appui de type Freyssinet. Cette dalle d'approche garantit un tassement nul entre la chaussée de la route et le tablier du pont à la jonction entre les deux.

Les pieux sous le pont ont contribué au bon comportement du pont pendant les trente dernières années et plus particulièrement pendant le violent séisme du 12 janvier 2010 dont l'épicentre se trouvait dans la région de Léogâne, donc, non loin de l'emplacement du pont sur la rivière Momance. Évidemment la structure du pont en béton armé (culées, piles, poutres et tablier) a été bien conçue.

La firme d'ingénieurs-conseil ayant conçu ce pont et les vingt-et-uns autres ponts de la nationale no. 2 était Ingéroute. Mais les pieux de type H du pont de Momance ont été conçus par GEOCON, une filiale de la firme FENCO. Il faut mentionné qu'en 1977, en tant qu'ingénieur-résident, je représentais sur le chantier du pont de Momance à la fois la firme d'ingénieurs-conseil FENCO-LAVALIN, mais aussi le maître de l'ouvrage, c'est-à-dire, le Ministère des Travaux Publics. On peut aussi trouver trace de ce fait dans une publication de FENCO-LAVALIN datant de 1977.

Les photos montrées dans la partie C) et prises au début de 2011 par l'ingénieur Lionel Duvalsaint, témoignent du bon comportement de l'ouvrage.

Un curage de la rivière Momance en amont et en aval du pont avait été effectué en 1977: plus de 180 000 mètres cubes d'alluvions de bonne qualité avaient été retirés du lit de la rivière par la firme M&K (Marini et Kanski). Il ne semble pas évident que la rivière ait été curée depuis cette date. Je voudrais suggérer aux autorités haïtiennes de déterminer si un curage de la rivière est nécessaire en 2011 pour redonner à la rivière son profil de 1977 et maintenir le débouché du pont dans les dimensions de conception.


Photo 2.- Haïti, Nouveau pont de Momance. Photo: Pierre Montès (1977)
Vue de profil, côté aval, prise à partir de rive gauche (culée Léogâne).



Photo 3a.- Haïti, Nouveau pont de Momance. Photo: Pierre Montès (1977)
Sur la photo: Pierre Montès, Marie-Denise Saint-Cyr Montès, Guy Mathurin, Pierre-Marie et Philippe Montès
Vue du tablier, côté Léogâne. Le pont venait d'être ouvert à la circulation.





Photo 3b.- Haïti, Nouveau pont de Momance. Photo: Pierre Montès (1977)
Sur la photo: Hernst-Clémenceau Pierre-Antoine, Marie-Denise Saint-Cyr Montès, Guy Mathurin, Pierre-Marie et Philippe Montès
Vue du tablier, côté Léogâne. Le pont venait d'être ouvert à la circulation








Photo 4.- Haïti, Nouveau pont de Momance. Photo: Pierre Montès (1977)
Vue de profil, côté amont, prise à partir de la rive gauche (culée Léogâne).







Photo 5.- Haïti, Nouveau pont de Momance. Photo: Pierre Montès (1977)
Vue du pont, côté amont, prise à partir de la rive gauche à une centaine de mètres de la culée Léogâne.










Photo 6.- Haïti, Nouveau pont de Momance. Photo: Pierre Montès (1977)
En premier plan, on voit la culée Léogane en construction;
en arrière-plan, on voit la culée Gressier;
entre les deux culées, on voit les deux piles en rivière.
Le sens de l'écoulement de l'eau est de droite à gauche.
Sur la photo, on observe, à gauche, le vieux pont métallique, à droite, la bétonnière de la firme Melri inc.








Photo 7.- Haïti, Nouveau pont de Momance. Photo: Marcel Tremblay (1977)
On voit la tête des pieux H qui seront coiffés de la semelle sous la culée Gressier. Les pieux sont de type H: 12BP53 et 12BP74.
Les piles et les culées sont fondées sur pieux H.
Les pieux étaient battus jusqu'au refus;
leur longueur varie entre 12 et 19 mètres.
Ils ont été installés par la firme Franki Canada.








Photo 8.- Haïti, Nouveau pont de Momance. Photo: Marcel Tremblay (1977)
On voit l'excavation à l'endroit où se situera la pile côté Gressier;
les pieux n'étaient pas encore battus.








Photo 9a .- Haïti, Pierre Montès, ingénieur-résident; Projet pont de Momance, Lot IV. Photo: Pierre Montès (1977)
On voit la roulotte logeant les bureaux des ingénieurs chargés du contrôle de la qualité des travaux et du contrôle des quantités:
Pierre Montès, ingénieur-résident, assisté des ingénieurs Claude Cantave et Edèle Salvant.








Photo 9b .- Haïti, Projet pont de Momance, Lot IV. Photo: Pierre Montès (1977)
On voit la roulotte logeant les bureaux de l'ingénieur et du personnel chargé du contrôle de la qualité des travaux:
Pierre Montès, ingénieur-résident, assisté des ingénieurs Claude Cantave et Edèle Salvant.








C) Deux Mille Onze (2011)- Trente-quatre ans plus tard, photos du pont sur la rivière Momance

Les photos qui suivent, nous l'avons dit, sont l'oeuvre de notre collègue et ami Lionel Duvalsiant. Elles ont été prises au début de l'année 2011, donc une année après le séisme du 12 janvier 2010.








Photo 10 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011)
On observe le tablier du pont et la chaussée d'approche.
Je devine qu'elle est prise du côté Léogâne (rive gauche).







Photo 11 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 12 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 13 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 14 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 15 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 16 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 17 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 18 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 19 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 20 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 21 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 22 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 23 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 24 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 25 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 26 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).








Photo 27 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).




Photo 27 .- Haïti, Pont de Momance. Photo: Lionel Duvalsaint (2011).


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Note finale.-Je remercie vivement l'ingénieur Lionel Duvalsaint, tant pour les photos du pont de Momance qu'il a pris la peine de faire et qu'il a eu la gentillesse de m'envoyer, que pour la note élogieuse qu'il a pris le temps de m'adresser. Je prends plaisir à les partager avec les internautes (les photos et la note).

Voici la note de L. Duvalsaint:

«Les prises de vue sont d'un ingénieur et non d'un photographe...il a donc su prendre exactement ce qu'il fallait pour te donner une idée exacte de ton ouvrage d'art.»

«Ce pont qui date de plus de trente ans est impeccable dans sa tenue:
. aucun tassement au niveau de ses approches
. aucun tassement différentiel au niveau de l'ouvrage lui-même
. aucun signe de fatigue constaté au niveau des poutres et du tablier
. des piles et culées bien assises sur leurs bequilles
. le béton des piles en rivière a bien résisté aux forces érosives des eaux en furie, puisqu'on est en régime torrentiel.»

«J'ai tout de même noté des petites cassures insignifiantes des poutres au niveau de leur appui sur les piles et qui résulteraient d'un léger déplacement lors de la secousse sismique du 12 janvier. L'écorchure est en effet très fraiche.»

«La culée nord au pied duquel l'eau d'étiage s'écoule est bien protégée par les gabions mis en place.Cependant, la culée sud est menacée par l'exploitation du tout venant de rivière sur lequel se repose le mur protecteur en gabions. D'ailleurs les paniers de gabions placés à la partie amont du pont (culée nord) ont totalement disparu;tandis que ceux placés à l'amont de la culée sud sont encore bien en place.
Ainsi, les eaux en furie peuvent,un jour, affouiller la berge amont-nord et contourner la culée correspondante. L'ouvrage peut alors basculer...»

«Autre fait moins important constaté est l'arrachement d'une partie du parapet, côté Est (amont), provoqué sans doute par un accident de la circulation...Elle aurait pu être remise en place et soudée.»

«Le gabarit du pont avait bien été déterminé puisqu'en dépit des modifications apportées au niveau de l'occupation du sol du bassin versant (déboisement...), les eaux, selon les informations recueillies sur place, n'ont jamais passé sur le pont.
Tu trouveras donc à ton retour un chef d'oeuvre qui ne cessera de défier le temps!!!»

Lionel Duvalsaint, ing.



mercredi 12 janvier 2011

Disponibilité des informations concernant le macrozonage de Port-au-Prince

Source: Jean-Marie Arnoux, ing, 12 janvier 2011

Port-au-Prince, ce 12 janvier 2011

Objet: Disponibilité des informations concernant le macrozonage de Port-au-Prince

Chers collègues,

Par coïncidence, la version finale des cartes de macrozonage sismique de la région métropolitaine réalisées par l'équipe du Pr. Rathje avec le Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics et le Bureau des Mines et de l'Energie, est disponible ce 12 janvier, date anniversaire de la terrible tragédie de l'an passé.

Les résultats sont temporairement hébergés sur le site suivant :
http://web.ics.purdue.edu/~ecalais/haiti/macrozonation/

Ils sont en voie d'être transférés vers les sites du LNBTP, BME et CNIGS.

Les données et résultats issus de cette étude sont ouvertes sans restriction au secteur public et privé sous un format électronique géoréférencé (SIG). Les deux produits principaux, qui permettent d'ores et déjà le calcul de spectres de réponse pour le dimensionnement d'ouvrage, sont:

- la carte des classes de sols (compatibles avec les normes IBC et Eurocode 8) réalisée à partir de mesures Vs30 et de l'interprétation d'observations géologiques et géotechniques.

- les cartes d'aléa sismique (USGS Open File Report 2010-1067), qui donnent la probabilité d'excédence de l'accélération du sol au rocher (PGA, 1 Hz, 5 Hz).

Le jeu de données contient aussi:
- la carte géologique de Port-au-Prince;
- l'ensemble des mesures Vs30 réalisées;
- la topographie de détail tirée de la mission Lidar du printemps 2010 financée par la Banque Mondiale;
- l'inventaire des dégâts de l'UNOSAT.

Ces produits sont manipulables par la plupart des logiciels SIG (Arcinfo, Mapinfo, etc...). Les cartes associées sont aussi disponibles au format pdf, pour une visualisation plus directe.

Ces produits ne remplacent pas le microzonage sismique qui reste à faire pour Port-au-Prince et les principales zones urbaines du pays. Elles ne se substituent pas non plus à des études géotechniques locales qui peuvent s'avérer nécessaires, en particulier pour l'implantation de structures à fort enjeu (par exemple bâtiments publics, hôpitaux, écoles, etc.). Enfin, un code de construction avec des normes parasismiques reste à développer et mettre en application formelle en Haiti.

Cependant, l'utilisation de ces produits, de concert avec l'utilisation de codes de construction existants tels que ceux préconisés par le Ministère des Travaux Publics (IBC, Eurocode 8, ASCE, CNBC) permet d'ores et déjà de prendre en compte les principaux éléments pour construire et planifier de manière adaptée compte tenu de la menace sismique dans la région métropolitaine.

Bien à vous,

Yves-Fritz Joseph, Directeur Général du LNBTP
Dieuseul Anglade, Directeur Général du BME
Eric Calais, Conseiller Scientifique au PNUD Haiti

Si peu...

Par Agnès Gruda
La Presse
Source: cyberpresse.ca, Publié le 12 janvier 2011 à 06h36

Six mois après le tsunami qui a dévasté l'Indonésie en décembre 2004, l'organisation humanitaire Architectes de l'urgence avait déjà construit des dizaines de maisons. Au premier anniversaire, près de 200 maisons et une poignée d'écoles étaient prêtes.
Un an après le tremblement de terre en Haïti, cette ONG n'a rien bâti du tout. Elle n'est pas inactive pour autant et s'occupe de restaurer des écoles et des habitations dans quelques quartiers de Port-au-Prince. Mais des maisons neuves? Aucune.

Pourquoi? Parce que l'argent n'est pas au rendez-vous, se désole le président de l'organisme, Patrick Coulombel.

Son organisation ne représente qu'une petite goutte dans l'océan d'ONG qui a déferlé sur Haïti depuis le 12 janvier 2010. Mais son exemple n'en est pas moins révélateur. Les Architectes de l'urgence s'attendaient à recevoir une dizaine de millions de dollars pour contribuer à la reconstruction d'Haïti. Ils n'ont reçu qu'un tiers de cette somme, entièrement destiné à la restauration et à la construction d'abris temporaires. «Pour bâtir des logements neufs, nous n'avons rien. Zéro.»

La comparaison entre le tsunami et le séisme haïtien a des limites, reconnaît Patrick Coulombel. Le premier a dévasté des régions rurales, peu habitées, alors que le second a frappé des villes surpeuplées dépourvues de registres fonciers. Construire à neuf sur du chaos, ce n'est pas évident.

Un exemple: le Centre d'étude et de coopération internationale espère bâtir des maisons à partir de gravats recyclés à Léogâne, la ville la plus dévastée par le séisme. Les titres fonciers y sont un fouillis inextricable. «C'est comme un tunnel sombre et sans fin», dit Carine Guidicelli, porte-parole du CECI. Bref, le projet est en suspens.

Mais aux yeux de Patrick Coulombel, la raison fondamentale du retard que l'on met à reconstruire Haïti est ailleurs: dans le choix politique de la communauté internationale, qui a insisté pour que les Haïtiens aillent voter et qui attend qu'un nouveau gouvernement se mette en place avant de se lancer vraiment dans la reconstruction. Entre-temps, des millions de dollars attendent d'être dépensés...

Patrick Coulombel est furieux: «Attendre les élections pour commencer la reconstruction, c'est scandaleux! Pendant ce temps, les gens croupissent dans des tentes.»

Il y a aussi les atermoiements des autorités haïtiennes, qui n'ont toujours pas publié le nouveau Code du bâtiment. Récemment, le ministère des Travaux publics a annoncé que les normes de restauration des anciens bâtiments seraient publiées... après les élections. Pour les constructions neuves, on n'en sait rien.

Les architectes pourraient toujours s'inspirer des normes qui existent dans les pays exposés à des cataclysmes semblables à ceux qui s'acharnent sur Haïti. «L'ennui, c'est que, tant que la construction n'est pas encadrée, les bailleurs de fonds internationaux refusent de nous financer», dit l'architecte en colère...

Pourtant, la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti, coprésidée par Bill Clinton, a été mise sur pied pour canaliser tous les efforts de reconstruction et les soustraire aux aléas de la petite politique. Lieu de toutes les lenteurs, cette commission a annoncé ses tout premiers projets seulement en décembre. Ne pouvait-elle donc pas aider les Haïtiens à produire en priorité un nouveau Code du bâtiment?

Bilan: un an après le tremblement de terre, les Haïtiens sont toujours en mode survie. Ce retard s'explique, en partie. Mais il est aussi, en grande partie, inexcusable.

dimanche 9 janvier 2011

Palais des ministères : le mépris de l'histoire

Par Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com


Source: lenouvelliste.com, 7 janvier 2011

Il est à moins de 100 mètres du Palais national et à un jet de pierre de la base du Corps d'intervention de maintien de l'ordre (CIMO), au Champs de Mars. Pourtant, il a été pillé et incendié à maintes reprises. Alors qu'il est considéré comme patrimoine historique par l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine national (ISPAN), le Palais des Ministères, sévèrement endommagé par le séisme a été vandalisé et abandonné. Une autre page de l'histoire d'Haïti souillée et délaissée.

Haïti: Vendredi 7 janvier 2010, 10 h 35 du matin. A moins de 5 jours de la première commémoration du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier dernier, des individus pillaient encore le Palais des Ministères en plein jour, au vu des autorités. Briques, fer, tôles, câbles électriques...les pillards ne laissent rien. Tout ce qui a une valeur marchande, le peu qu'il soit, a été emporté. Ils sont deux jeunes garçons, le visage à peine camouflé, qui calmement opèrent en toute quiétude. Avec leur masse, ils essaient de récupérer du fer et des briques sur les ruines du ministère des Finances. Visiblement, ils ne craignent rien, malgré la présence de plusieurs agents de sécurité.

Un an après le tremblement de terre du 12 janvier, les autorités n'ont pratiquement rien fait pour empêcher ce genre de pillage. « Tous les ministères du bâtiment ont été pillés par des individus. Il y a un mois de cela, ils ont mis le feu dans la partie réservée au ministère des Finances, explique Charles Desrameaux, un contractuel des Travaux publics chargé de surveiller le site des TPTC. Aujourd'hui encore, ils continuent à voler le peu qui reste du Palais des ministères. »

Après avoir presque tout emporté au lendemain du séisme, depuis quelque temps, les pillards s'attaquent directement à la construction, se désole le très célèbre Ti Charles fidèle gardien perpétuel des TPTC. « J'ai tout vu. Ils ont tout pris: portes, fenêtres, bureaux, matériels de bureaux... Tout ce qu'ils pouvaient revendre ou utiliser chez eux a été emporté », explique-t-il.

Comment se fait-il qu'à deux doigts du Palais national et de la base du CIMO, les individus pillent et incendient et ce vaste bâtiment ? « Je ne sais pas. Comme toi et moi, les autorités du pays ne font que constater les dégâts, a-t-il répondu. Les scènes de pillage ont commencé au lendemain même du séisme. Tout le monde est au courant, a-t-il ajouté. »

Par ailleurs, les agents de sécurité qui surveillent le site du ministère des Finances ont peur d'intervenir afin empêcher les pillards de commettre leurs forfaits. « Ils sont toujours dans les environs, ils connaissent notre nom et notre visage. Ce sont des bandits, ils peuvent tout faire. Les autorités sont au courant de la situation. Nous leur avons déjà envoyé plusieurs rapports sans réponse. Qu'est-ce qu'on peut bien faire ?», racontent-ils.

« Maintenant, avec votre présence ici, nous espérons que les autorités vont comprendre ce qui se passe sur le site. Nous espérons aussi qu'ils vont prendre les mesures appropriées », ont-ils renchéri.

Prendre des mesures appropriées un après la catastrophe. Pour quoi faire, puisqu'il ne reste pratiquement rien du Palais des Ministères sinon des briques que les pillards s'acharnent à enlever les unes après les autres.

Le Palais des Ministères n'est que l'ombre de lui-même. Certains sites des ministères logeant dans le bâtiment ont été totalement déblayés, comme c'est le cas pour les Travaux publics Transport et Communications, celui de la Santé et de la Population et le ministère de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales. Les clôtures en tôle de l'ISPAN n'ont pas pu empêcher l'irruption des pillards.

Selon des sinistrés à la place de la Patrie au Champ de Mars, non loin du Palais des Ministères, les pillards n'ont pas eu à s'inquiéter. De jour comme de nuit ils opéraient. « Personne n'a empêché à ces individus de piller ce patrimoine national des équipements aux archives. Sans contrainte, ils ont emporté des matériels et mis le feu au bâtiment », s'insurge un jeune homme installé à ce centre d'hébergement après la catastrophe.

Le Palais des ministères qui logeait 5 ministères fait partie des quatre palais du pays qui ont été détruits par le tremblement de terre du 12 janvier dernier. Il s'agit du Palais national, du Palais de justice et du Palais législatif.

Pour son architecture grandiose et sa beauté, l'Etat Haïtien avait jadis l'habitude d'utiliser la photo du Palais des Ministères sur les cartes postales. Aujourd'hui, cette page d'histoire est méprisée, vandalisée et incendiée.

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