mardi 21 avril 2009

Haïti/Gonaïves: bassin versant de la rivière La Quinte

Nous avons trouvé sur le Web une carte topographique interprétant les limites du bassin versant de la rivière La Quinte. Elle permet à l'internaute de se faire une idée juste du problème de la région des Gonaïves.
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Haïti/Gonaïves: Bassin versant de la rivière La Quinte
Photo: Forumhaiti.com, septembre 2008
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On peut comparer cette carte avec celle fournie dans un récent article sur ce blog et qui était bâtie à partir d'images numériques de Google Earth. La carte ci-dessusà l'avantage de montrer tout le bassin versant de la rivière La Quinte, contrairement à celle de l'article précédent qui n,en donnait qu'une vue partielle (partie aval).

La carte montrée ci-dessus provient du lien suivant:
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http://www.forumhaiti.com/haiti-societe-f2/inondations-aux-gonaives-explications-et-solutions-t4597.htm
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Nous tenons à faire aux lecteurs les deux remarques suivantes:

1) Les arguments techniques contenus dans le document accessible par le lien ci-dessus, n'engagent que les auteurs dudit document. Cependant, ils semblent généralement corrects quoiqu'ils semblent incomplets et/ou sommaires.

2) Les opinions émises au sujet de certains personnages politiques sont généralement à l'opposé des convictions de l'auteur du blog Le Coin de Pierre-Génie civil. Elles n'engagent donc pas du tout Le Coin de Pierre-Génie civil.

dimanche 19 avril 2009

Haïti: Topographie de la région des Gonaïves

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Région des Gonaïves, image réalisée à partir d'un document produit par SERTIT, 2008
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Une image vaut mille mots.
Celle que vous voyez ci-dessus en vaut des milliers.

Elle date de septembre 2008, l'époque des ouragans Gustav, Hanna, Ike.

Quelles actions a-t-on entreprises depuis pour protéger la région des Gonaïves et d'autres régions du pays telles que Cabaret, la grande région métropolitaine de Port-au-Prince, Jacmel, etc. ?

jeudi 16 avril 2009

Rencontre avec des architectes durables

Sources: Yahoo & Ecotidien

Par Marlène Schiappa

« Une maison écologique, ce n’est pas une yourte. » Voilà le message que veulent faire passer Christophe Lachassagne et Walter Dresscher, deux jeunes architectes durables. Le premier, blond et Français, a fondé le cabinet Ethik-A et le second, brun et Hollandais, travaille pour la prestigieuse agence OIII Architecten. Les différences s’arrêtent là : même silhouette élancée, même pull fin col en V avec chemise assortie, mais surtout, même approche éthique et visionnaire de leur métier. En clair, ils n’ont pas attendu la Semaine du Développement du même nom pour faire de l’architecture durable. Il y a une dizaine d’années, en France, c’était une branche confidentielle de l’architecture, mais depuis que le thème a été mis à la mode par une prise de conscience collective, on voit pousser des maisons, des écoles, et même des supermarchés durables. Avec une belle surprise à la clé : les bâtiments durables permettent des économies d’énergie, mais ils coûtent aussi moins cher à l’achat !
C’est le souci du bien public qui a conduit Christophe Lachassagne à se tourner vers l’architecture durable « Il est étrange de constater que les premières écoles primaires de 1881, sont toujours en service alors que les équipements des années 50 ou 60 sont devenues obsolètes, et sont détruits. Comment accepter ça sans réagir ? » Dans un français presque parfait, Walter Dresscher renchérit: « L’architecture devrait être durable par nature ! On n’a réagi que trop récemment après avoir laissé aller cette situation, jusqu’à confronter le monde à une vraie crise écologique. La nécessité de respecter l’environnement est vécue comme une contrainte créant des limites aux architectes alors que je trouve que c’est justement un catalyseur pour la création... »
Et si vous imaginez qu’ils construisent des cabanes en bois, détrompez-vous. Pour Christophe Lachassagne, il suffit parfois de bon sens pour bâtir une maison durable « En mettant les chambres à l’Est, les séjours et pièces de vie à l’Ouest, vous profitez au maximum de l’éclairage naturel, et vous diminuez l’usage de l’électricité » L’utilisation de certaines matières offre aussi des économies d’énergie : par exemple, une terrasse plantée permet, grâce à la terre présente sur le toit, d’isoler au mieux une maison ou un immeuble. Pour une grande surface, jusqu’à 200 Euros de chauffage par mois peuvent être ainsi économisés. Une somme exponentielle quand on parle de bâtiments publics ou de centres commerciaux durables, comme ça se fait beaucoup en Hollande, où on peut voir un vrai travail d’urbanisme durable et des quartiers écologiques entiers.
La bonne surprise, c’est le prix : alors que les clients s’attendent à voir gonfler leur note s’ils font appel à un architecte, en fait, la facture affiche 35% de moins - à prestation égale. Walter Dresscher et Christophe Lachassagne font les calculs pour nous : « La démonstration est simple, le coût moyen de la construction aujourd’hui hors achat du terrain se situe aux alentours de 1000 / 1200 euros pour une gamme moyenne. Sur ce montant l’architecte prendra un pourcentage pour une mission complète (de l’esquisse à la livraison clé en main au client) entre 9 et 15%. Ce qui fait un coup au m² compris entre 90 et 150 euros et un total de 1150 euros au m². Cette même construction serait vendue par un constructeur au minimum, en fonction de sa localisation, 2 000€. Soit 850€ plus cher ! »
Alors que la Semaine du Développement Durable prend fin aujourd’hui même, les deux architectes mettent en garde contre la banalisation des mots « durable » et « écologique ». Pour eux, par exemple, la norme HQE n’est qu’un strict minimum syndical. « Pour bénéficier du label, il suffit de remplir seulement 6 critères sur 14 ! Or, les 5 premiers ne sont que le rappel de ce que tout architecte doit faire déontologiquement. L’architecture durable va bien au-delà du simple label HQE, qui n’est qu’un coup de peinture verte sans apprêt. » dénonce Christophe Lachassagne. Soucieux de sensibiliser le grand public et de partager les valeurs qui les ont conduits à concevoir « autre chose que des bâtiments jetables », OIII Architecten (dont Walter Dresscher se fait l’éclaireur en France) et Ethik-A se sont associés pour monter un blog sur le sujet. Le Centre culturel Suédois de France consacre une grande exposition gratuite à l’architecture durable jusqu’au 19 avril. En pleine période de débat sur le Grand Paris, le Pavillon de l’Arsenal, haut lieu de l’urbanisme et de l’architecture, organise également une conférence-débat sur le thème : « Une métropole urbaine durable ? » à la fin du mois. Doucement mais sûrement, l’architecture durable s’installe dans le paysage.
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//L'article ci-dessus provient du lien ci-dessous:
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//Le blog de la ville durable:
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jeudi 9 avril 2009

Haïti: Un gué à lunettes jeté sur la rivière d'Ennery

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Un gué à lunettes jeté sur la rivière d'Ennery
Photo: Le Nouvelliste, 7 avril 2009
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Jacques Gabriel, ministre des travaux publics Transports et communications
et Beth Cypser, directrice de l'Agence américaine pour le développement international (USAID),
en arrière plan le sénateur Youri Latortue
Photo: Le Nouvelliste, 7 avril 2009
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Par Amos Cincir, Le Nouvelliste, 7 avril 2009
Un petit pont est jeté - sept mois après le passage des cyclones Gustav, Hanna et Ike - sur la rivière d'Ennery par les responsables des Travaux publics en vue de relier les autres régions du département Nord et Port-au-Prince.
Le ministre des travaux publics Transports et communications, Jacques Gabriel et la directrice de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), Beth Cypser ont procédé vendredi dernier, à l'inauguration d'un passage provisoire sur la rivière d'Ennery afin de rétablir le transport routier sur la national #1 entre les départements du Nord et de l'Artibonite
Financé par le gouvernement américain à hauteur de 754 000 dollars américains, les travaux de réhabilitations du gué à lunettes d'Ennery, exécuté par la firme ESTRELLA ont duré six semaines. M. Gabriel a affirmé que la construction de ce passage provisoire est d'une importance capitale pour les gens qui se rendaient dans le Grand Nord puisque ce segment de la route a été sérieusement endommagé par les récentes intempéries qui ont saccagé le pays. Il a aussi fait l'énumération des travaux entrepris par son ministère au niveau de certaines routes et de différents ponts endommagés par les intempéries.
Beth Cypser, directrice de l'USAID, a, pour sa part, souligné la nécessité que toutes mesures soient prises pour conserver le plus longtemps possible cette structure en attendant les travaux pour une construction plus permanente soit réalisée. Elle a émis le voeu de voir des efforts similaires pour l'amélioration des conditions de vie des habitants des régions circonvoisines. «
Avec ces importants travaux d'infrastructure, le gouvernement américain, à travers l'USAID, souhaite vivement un trafic routier plus sécuritaire, une réduction du coût du transport, l'amélioration de l'accès aux marchés publics environnants qui permettront au gouvernement haïtien d'atteindre ses objectifs de stabilisation et de développement durables », a-t-elle dit.
A rappeler que le gué à lunettes jeté sur la rivière d'Ennery est le cinquième passage provisoire inauguré après le passage des ouragans Hanna, Ike et Gustav.
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jeudi 2 avril 2009

Haïti: Au gré du marché

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De gauche à droite: Erold Etienne, Directeur général adjoint du Ministère de l'Economie et des Finances,
Richard Mathelier et Hulzer Adolphe, coordonnateur a.i de la CNMP
Photo: Moranvil Mercidieu, Le Nouvelliste, 1er avril 2009
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Par Dieudoné JOACHIM, Le nouvelliste, 1er avril 2009
djoachim@lenouvelliste.com

« Il y va de l'intérêt de tous, d'acheter plus et mieux en dépensant moins », d'où l'importance de la régulation de la passation des marchés publics dans un pays. Haïti tente tant bien que mal, depuis 2004, d'initier ces pratiques à travers la Commission nationale des marchés publics (CNMP), un des initiateurs d'un atelier de communication sur la passation des marchés publics en Haïti, les 31 mars et le 1er avril 2009, à l'hôtel Karibe.

« La bonne gouvernance tout en limitant la corruption dans la fonction publique a un impact favorable sur l'investissement dans la mesure où ce mécanisme crée une certaine confiance chez l'investisseur. Une pratique saine de passation des marchés publics est perçue comme un vecteur de la bonne gouvernance, tant prônée par l'ensemble des bailleurs de fonds d'Haïti », c'est ce qui ressort en substance de la session inaugurale d'un atelier de deux jours- les 31 mars et 1er avril 2009- à l'hôtel Karibe, consacré à une communication sur la passation des marchés publics en Haïti.

Durant deux jours les acteurs partagent leurs multiples expériences, posent des problèmes, identifient des obstacles à la bonne gouvernance et les meilleurs moyens de lutter contre la corruption via les meilleures pratiques de passation des marchés publics. Des décideurs de la fonction publique haïtienne, des représentants d'entreprises privées et des délégués de la communauté internationale prennent part à cet atelier organisé à l'initiative du ministère de l'Economie et des Finances, de l'Unité de coordination des projets et de la Commission nationale des marchés publics (CNMP).

« Cette communication permettra aux acteurs impliqués dans la passation des marchés d'être bien imbus des règles du jeu, de les respecter afin de réduire les dépenses et d'acquérir le plus grand nombre de biens et services avec des fonds de l'Etat », indique le directeur général adjoint du ministère de l'Economie et des Finances, Erold Etienne qui fait remarquer que l'un des enjeux de ces assises est de mieux faire connaître la mission et l'importance du travail de la Commission nationale des marchés publics (CNMP).

Interrogé sur les problèmes posés par la lourdeur du processus de passation des marchés, le directeur général adjoint du ministère de l'Economie et des Finances croit que c'est encore une nouvelle justification de l'atelier qui vise l'harmonisation des actions des différents acteurs qui oeuvrent dans le domaine.

Hulzer Adolphe, coordonnateur adjoint de la CNMP, devenu coordonnateur a.i de la CNMP suite à la disparition de Joseph François Robert Marcello, déclare : « ... Au lieu de préconiser le retrait de l'Etat, il faut de préférence entreprendre des réformes de façon à accroitre son efficacité. A l'instar du coordonateur de l'Unité de coordination de projets, Yves Clément Jumelle, M. Adolphe déplore la disparition du responsable de la CNMP, Joseph François Robert Marcello enlevé en janvier 2009.

La CNMP, un organe déconcentré du Bureau du Premier ministre, créé par le décret du 3 décembre 2004, établit les règles applicables à la passation, des marchés publics de travaux, de fournitures et de services en Haïti. La CNMP a pour mission principale de garantir à toutes les personnes physiques et morales, l'égalité d'accès à la commande publique, et l'égalité de traitement de leurs dossiers de soumission ; de maximiser les bénéfices tirés des dépenses publiques par la mise en concurrence des Entrepreneurs de façon à optimiser l'utilisation des deniers publics en vue de l'acquisition, au profit de la population, des travaux, des biens et des services, aux plus bas coûts pour la société. A ce titre, elle coordonne, contrôle et assure le suivi de toutes les activités relatives à la passation des marchés publics selon les normes et procédures établies par le décret.

Si l'expression « Passation de marchés » désigne l'acquisition, par un contrat écrit de biens, de travaux ou de services, selon le décret du 3 décembre 2004 fixant la réglementation des marchés publics de services, de fournitures et de travaux, il importe toutefois de souligner que les dispositions du décret du 3 décembre 2004 ne s'appliquent pas aux marchés intéressant la Défense ou la Sécurité nationale, ainsi que les entreprises modernisées.

L'arrêté du 4 décembre 2006 révisant le seuil de passation des marchés publics fixe la procédure d'adjudication pour les marchés de travaux de biens, de la procédure d'appels d'offres et celle de marché de gré à gré.
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http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=68785&PubDate=2009-04-02
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Haïti / Cayes-Jacmel / Des tracteurs et pelles mécaniques inutilisés à Jacmel

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Des engins du génie civil (tracteurs, pelles mécaniques, etc) à l'état neuf,
destinés à la réparation des routes défoncées après les ouragans d'été 2008,
reposent encore dans la cour de l'église de Cayes-Jacmel
Photo: Etienne Coté-Paluck , 1er avril 2009
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Sources: HPN, Le Nouvelliste, 1er avril 2009
Des tracteurs envoyés à Jacmel suite aux intempéries ayant frappé le département du Sud-est demeurent jusqu'ici inutilisés alors qu'ils devaient réparer des infrastructures routières de la zone.
Les tracteurs sont encore tout neufs et n'ont jamais servis, a constaté un correspondant de HPN à Jacmel. Vus de plus près, poursuit-il, on peut apercevoir que du film de plastique recouvre encore leurs vitres.
Ces engins lourds ont été envoyés par la présidence dans le département du Sud-Est, pour dégager les routes et réparer des infrastructures détruites ou endommagées après les ouragans de l'année précédente, dit le journaliste.
Au nombre de six, ces engins flambant neufs d'une valeur approximative de 3 millions de dollars US reposent mystérieusement depuis quelques temps dans la cour de l'église de Cayes-Jacmel. Jamais ces tracteurs n'ont travaillé 1 heure, avance notre correspondant. Les autorités de la zone n'ont pas pu fournir des explications sur ces engins.
Autre anomalie dans la cité touristique, le cas d'une construction en dur dont les colonnes de base sont enfoncées dans l'eau de la plage de Ti Mouillage. Cette maison vient de recevoir un permis de la Mairie de Cayes-Jacmel pour ajouter un deuxième étage à cette architecture hasardeuse.
//L'article ci-dessus provient du lien ci-dessous:
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NDCDP-Génie civil
Si les services du ministère des TPTC étaient réellement déconcentrés, de tels engins auraient été utilisés par la Direction départementale du Sud-Est du ministère.
Si l'administration publique était réellement décentralisée, de tels engins auraient été utilisés par les autorités élues des communes du Sud-Est. Et si les départements géographiques étaient réellement autonomes, l'autorité exécutive (entité à introduire dans une future constitution) du Département du Sud-Est (avec à sa tête un «Gouverneur») saurait utiliser convenablement de tels matériels pour le bien-être et la prospérité des ses habitants, payeurs de taxes, du département.
Il est temps de commencer la mise en oeuvre de la décentralisation. Les autorités centrales ne devraient pas avoir peur d'avancer avec la décentralisation. Leurs pouvoirs ne seraient point diminués. Comme le faisait remarquer un technicien haïtien à l'émission «Samedi-midi » de Raymond Laurent à CKUT-Montréal, en décentralisant l'administration du pays, le gouvernement central délaisserait aux autorités départementales et communales des tâches moins importantes, pour pouvoir avoir plus de temps pour se consacrer à des tâches plus importantes, pour pouvoir s'attaquer aux nombreux problèmes sérieux qui ne sont pas du ressort des autorités régionales et locales, mais qui relèvent de lui seul.
Supposons un instant que chaque département géographique du pays ait à sa tête une équipe de personnalités élues (en même temps que l'Exécutif central) pour l'administrer; le «Gouverneur» du Sud-Est, assisté de son équipe politique et de son équipe technique, s'occuperait uniquement des problèmes du département, défendrait auprès de l'autorité centrale les crédits budgétaires alloués (ou à allouer) à son département, interviendrait régulièrement auprès des parlementaires (députés des communes du département, sénateurs de son département) pour faire préparer, étudier et passer des lois relatives aux questions qui intéressent son département. Il en serait de même pour chacun des neuf autres élus départements géographiques du pays. En outre, le Président de la République pourrait, quand cela est nécessaire, consulter les dix «Gouverneurs» de département sur des questions d'importance nationale qui requièrent l'avis des autorités régionales.
Espérons que ces idées et suggestions retiennent l'attention des décideurs et des personnalités chargées d'étudier et de proposer des amendements à la Constitution.

mercredi 1 avril 2009

PROBLÈMES RENCONTRÉS PAR L’ENSEMBLE DES ENTREPRENEURS DANS LE PROCESSUS DE PASSATION ET D’EXÉCUTION DES CONTRATS

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Lionel Duvalsaint, ing., 2e à partir de la gauche, au Colloque organisé par le CNMP et le MEF à l'Hôtel Caribe le 31 mars 2009
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Par Lionel Duvalsaint, ing.
Président de l’AHEC
L’Association Haïtienne des Entreprises de Construction (AHEC) remercie vivement la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP) pour l’invitation qu’elle lui a faite de présenter un exposé sur la passation des Marchés Publics en Haïti ; elle saisit l’occasion pour lui formuler ses félicitations pour le professionnalisme avec lequel elle s’acquitte de sa tâche.

Vu le temps qui nous est imparti pour la présentation de cet exposé, nous ne nous attarderons pas à faire l’historique de la passation des Marchés Publics en Haïti, mais nous signalerons en passant que c’est à partir des années 1970 avec les travaux routiers et le projet de drainage des eaux pluviales de Port-au-Prince qu’on a vu se structurer un ensemble d’entreprises haïtiennes en vue de l’exécution des dits travaux. Une assistance technique appropriée permettait non seulement de gérer le processus dans son ensemble : préparation des Dossiers d’Appel d’Offres (DAO), passation des Marchés, suivi des travaux, etc., mais aussi a contribué à la formation des cadres professionnels qui jusqu’à présent fournissent leurs services dans les domaines connexes de l’industrie de la construction.

Fort malheureusement, vers le milieu des années 1980, les investissements importants dans les différents domaines des Travaux Publics ont considérablement ralenti du fait des turbulences sociopolitiques provoquant ainsi la ruine de certaines entreprises et un ralentissement de l’élan entrepreneurial dans l’industrie de la construction. Un redressement de cette situation a été noté à la levée de l’embargo au milieu des années 1990. Malheureusement, l’esprit qui prévalait au début des années 70 et qui visait à la dynamisation du secteur Construction en Haïti s’est étiolé…

Créée au début des années 90, l’AHEC regroupe actuellement plus d’une trentaine d’entreprises œuvrant dans presque tous les domaines de la Construction : Architecture, Génie Civil, Électricité, Hydraulique… Il s’agit d’un groupement apolitique ayant pour mission de défendre l’intérêt de ses membres.

Les Entreprises Haïtiennes de Construction, membres de l’AHEC ou non, font face à une série de difficultés inhérentes tant au processus de la passation des marchés en général qu’à l’exécution des travaux en particulier. A ces propos, différentes réunions et colloques ont été organisés tant par des organismes de financement (la BID en date du 22 août 2006) que par les entités de l’État (l’Exécutif, la Primature, la CNMP) en vue d’une meilleure compréhension de cet état de fait et dans le but d’y apporter les solutions appropriées.

En effet, si les Maîtres d’Ouvrage, Maîtres d’œuvre, organismes de financement se plaignent du retard mis par les firmes adjudicataires pour le démarrage des travaux, les avances contractuelles ayant été encaissées, les firmes présentent fort souvent un argumentaire valable justifiant cette attitude.

A.- Dossiers d’Appel d’Offres non homogènes

Pour un même type de marché, l’entrepreneur se retrouve en présence d’un document dont les directives, normes techniques et administratives varient selon l’Agence de financement. Parfois, on note ces variations au sein d’une même Agence en fonction de critères sans doute établis mais qui handicapent considérablement la préparation des soumissions. Certains textes arrivent même à orienter le soumissionnaire vers un fournisseur en particulier. Il revient donc à la CNMP d’intervenir pour résoudre ce problème en conformité à l’article 20 du décret portant sa création.

B.- Dossiers d’Appel d’Offres incomplets

Les appels d’offres sont lancés à partir d’avant projets très sommaires. Il est donc requis à des firmes spécialisées dans l’exécution des travaux d’élaborer, après soumission, l’étude réelle du projet. Les délais pour la remise des dossiers techniques sont parfois trop courts d’autant plus que la firme arrive souvent avec difficulté à s’adjoindre, le cas échéant, le partenaire vraiment qualifié. En conséquence, on observe des retards dans le démarrage des travaux, retards qui certainement pénalisent la firme vu que son calendrier de décaissement se trouve ainsi perturbé et qu’il devra séjourner plus longuement sur le site des travaux.

C.- Délais souvent trop longs pour la proclamation des résultats

Au problème mentionné plus haut se retrouvent jumelés les délais parfois trop importants entre le lancement de l’appel d’offres et la proclamation des résultats. En effet, les fournisseurs tant nationaux qu’internationaux,étant dans l’impossibilité,tout à fait compréhensible d’ailleurs, de maîtriser ou de contrôler les coûts de certains intrants, produisent des cotations pour lesquelles ils n’accordent que des délais très restreints de 15 à 22 jours. Ainsi, les prix unitaires des marchés étant généralement fermes, il s’ensuit un risque imprévisible de pénalisation pour l’entreprise au démarrage même des travaux. Une clause de révision de prix sciemment conçue par toutes les parties impliquées dans le processus de la passation des marchés doit être intégrée dans les clauses contractuelles.

D.- Problèmes d’éthique liés à la passation des marchés.

S’il est de l’attribution légale de la CNMP ‘‘d’élaborer un code d’éthique pour les fonctionnaires et les entreprises privées impliquées dans les questions de passation de marchés publics ’’, elle a aussi pour devoir, conformément à l’article 8 portant sa création, de ‘‘s’assurer de la non-participation aux marchés publics de toutes entreprises dans lesquelles les membres de l’entité administrative contractante ou du jury de sélection possèdent des intérêts financiers de quelque nature que ce soit’’.

Nous avons tenu, Monsieur le Ministre, à porter ce fait à votre attention puisqu’il a fait l’objet de débats au sein de la corporation.

E.- Carence en ressources humaines.

Une grande majorité, sinon la totalité des firmes impliquées dans l’exécution des travaux, se plaint d’une carence de cadres techniques administratifs et financiers, de cadres intermédiaires qui leur permettraient de mieux gérer et d’exécuter les activités programmées dans le cadre des marchés. Les défaillances de l’entrepreneur ne peuvent être signalées par une supervision peu formée et souvent inefficace. Il est impérieux, dans l’optique de relance sérieuse des activités liées à la construction, que des programmes de formation à tous les niveaux soient mis en place de concert avec l’UEH et les centres de formation professionnelle.

F.- De l’incapacité financière des Firmes.

Un grand nombre d’appel d’offres demeure infructueux par le fait même des cautions requises :

caution de soumission (Bid Bond) parfois bancaire variant de 3 à 5% du montant de la soumission
caution bancaire de bonne exécution (Performance Bond) (10%)
caution bancaire devant garantir le paiement aux fournisseurs et des employés (5%).
Caution bancaire devant garantir l’avance sur approvisionnement (10 à 20%).

Ainsi, avant même d’entamer l’exécution d’un projet, une firme de construction, généralement classée PME, doit disposer de 30 à 50% du montant de sa soumission. Signalons en outre que 5 à 7% et parfois 10% du montant total du marché est prélevé sur les décomptes en vue de constituer la retenue de garantie.


G.- Retards de paiement

Des entreprises se plaignent des retards enregistrés pour le paiement de leurs décomptes par certaines Agences ou Unités d’exécution. Les firmes domicilient souvent les contrats à la Banque, qui, en retour, toutes autres conditions satisfaites, met une ligne de crédit à leur disposition. D’importants retards de paiement peuvent avoir des impacts fort négatifs sur la trésorerie d’une firme et constituer en quelque sorte une forme de pénalisation quand on considère les intérêts composés journellement qu’elle doit payer.

Il est à noter les interminables retards de paiement enregistrés dans le cadre des travaux financés par le Trésor Public et l’UE Les firmes sont alors forcées d’effectuer une démobilisation totale ou partielle, suivant le cas. Le Chef d’Entreprise se retrouve donc en face d’une situation échappant à son contrôle, et pour laquelle il est amené à prendre des décisions cruciales tant sur le plan social qu’humain. Il se doit donc de mettre prématurément au chômage un personnel à qui il avait promis du travail pour un temps défini dans son chronogramme de travaux.

De plus, ces arrêts d’activités ont un coût économique additionnel si l’on considère les détériorations des infrastructures déjà mises en place et qui relèvent malgré tout de la responsabilité de l’Entreprise.

H.-Carence en Equipements

Bon nombre d’Entreprises engagées dans l’exécution de travaux, tant dans les régions métropolitaines que dans les confins du Pays, éprouvent de sérieuses difficultés à trouver, en location, les équipements lourds de construction indispensables à la poursuite de leurs activités de chantier. Il s’agit là d’un problème sérieux occasionnant souvent des retards dans la livraison des travaux. La constitution d’un parc en équipements accessibles aux entrepreneurs ou le renforcement de ceux existants a été avancée. Quelles que soient les modalités adoptées pour sa mise en place, il est impérieux, si l’on veut dynamiser le secteur de la construction, de prendre toutes les dispositions urgentes en vue de palier à cette carence.

I.- Des Firmes étrangères

Les firmes étrangères ont, en théorie, les capacités technique et financière pour exécuter des travaux en Haïti, bien que l’expérience de la RN3, première version, fut une catastrophe. De quels moyens dispose un fonctionnaire établi en Haïti pour vérifier les faits avancés par une entreprise étrangère ? Curricula Vitae du Personnel ? Expérience ? Cautions Bancaires ?

A l’AHEC, nous croyons qu’il est important et même impérieux d’encourager les firmes étrangères (Études, Construction, Supervision) à soumissionner et s’installer en Haïti. D’ailleurs, elles peuvent devenir membres à part entière de la Corporation. Mais, il est tout aussi important qu’à un certain niveau, l’on s’assure que cette pénétration du Marché se fasse dans le respect de la législation haïtienne en matière d’embauche ou de création d’emplois, de transfert de connaissances ou de formation de cadres techniques et intermédiaires, de partage du marché. Ce dernier point revêt une importance particulière si l’on considère que légalement, l’entreprise étrangère doit sous traiter à une ou des firmes locales qualifiées au moins 20% du montant de son offre (article 13 du CNMP). Si appliquée, une telle disposition permettrait :

. Le développement de l’entreprenariat haïtien dans les domaines de la construction, puisque certaines barrières financières liées aux cautions n’existeraient pas.

. La création d’emplois au niveau du personnel local qui généralement est employé par les firmes locales.

. Le transfert effectif des connaissances et la formation de cadres.

J.- Pour une compétition saine

Il est fort souhaitable, comme par le passé, que le budget approximatif d’exécution des travaux soit communiqué aux firmes lors du lancement de l’appel d’offres. De toute façon, et il n’est un secret pour personne ici, l’estimation confidentielle ne le demeure que pour les non-branchés. On serait tenté de dire que cette information est source de corruption.

Alors, disons-la tout haut à toutes les entreprises. Ainsi, l’adjudication se ferait autour des critères liés au Dossier Technique de l’entreprise, ses moyens matériels, expérience et savoir faire, etc. L’expérience a prouvé que les offres les moins disantes n’ont pas toujours été les moins coûteuses finalement en fin d’exécution des travaux, et maints projets n’ont pu être achevés du fait du procédé d’évaluation des offres qui consiste à déclarer adjudicataire la firme ayant soumis le moindre coût. Une telle attitude est de nature à éliminer entre les firmes la saine compétitivité requise dans un environnement d’appel d’offres sérieux.

K.-Un Vœu pour l’Avenir

Nous terminons notre intervention en formulant le vœu que la Commission Nationale des Marchés Publics puisse disposer des ressources appropriées et des provisions légales en vue d’une prise en charge complète du processus de passation des Marchés Publics en Haïti. Son rôle de vérification ne nous paraît pas approprié, le reléguant ainsi au second plan. Une telle approche permettrait aux cellules techniques des Ministères et Agences de se pencher davantage sur la préparation de Dossiers standardisés étayés par de véritables directives techniques et des plans « Bon pour Exécution ». Ainsi, les firmes de construction pourront s’atteler à l’exécution de travaux à l’entière satisfaction des Maîtres d’Ouvrage, en respectant les délais et l’enveloppe budgétaire prévue à cet effet.

C’est finalement notre pays qui sera le grand gagnant puisque les fonds dont nous ne disposons pas toujours auront été utilisés à bon escient au bénéfice des générations futures.


Je vous remercie de votre patience.

Compteur